Présentation

  • : Emmanorexie
  • : 25/09/2007
  • emmanorexie
  • : Emmanorexie est un lieu de compréhension, de soutien, d'horreur, aussi, parfois. Quel que soit le moyen par lequel vous soyez arrivé sur mon blog, sachez que je suis pro-ana, que je me veux anorexique, mais que je n'attends rien de votre part et que je n'aiderai personne à l'être. Je n'influencerai pas, même inintentionnellement les gens. Je ferai attention, faîtes de même, et, bonne lecture...
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Mercredi 16 avril 2008

Le reflet du soleil sur le sachet translucides des perfusions, mon anorexie |mentale| m'éblouit. Nous ne sommes qu'un tout universelle, et, reliée à ce bout de métal et à cette flaque d'eau multivitaminée, je crois que même nageant au milieu des détritus, écume plus communément nommée emballages, je n'ai jamais senti émaner pareille aura bienfaitrice, osmose particulière, harmonie symphonique, absolue clarté, et, pour achever de vous perdre dans ma contemplation, troublante empathie.

 




Emancipons nous : je brille bien mieux seule, pas besoin de plastique réfléchissant ; et d'ailleurs, je suis mon propre soleil. Aux armes, grands malades, grands fous ! Des petits trous, des petits trous, encore des petits trous... Et une sonde qui vous passe par le nez. On paraît bien médiocre, et on affiche sa mollesse devant le public, on tire la révérence, les fils - débrancher - et tirer le cou de son père, et le supplier de nous débrancher à son tour... Admire, papa, admire, ce que tu as fait de moi. Ah, papa, tu es toujours aussi égoïste ! Que peut-il te faire que je te menace avec mon appareil à perfusion, si je te dis que je crève, et que je veux sortir ? Tirez-moi de là - hors de mon corps, je veux dire.

Pas une seconde de plus ici. Pas une seule personne. Pas un seul fou.
            Je suis une suffisante compagnie. | attentions aux synonymes. Je vous donnes les clés de ma folie. Je suis d'une barbe rousse et hérissée plutôt troublante, et je cache des amants dans mon placard, sous la clé ensanglantée.

D'autres drôles d'animaux, qui fabriquent de petites boulettes de leurs couches
souillées pour les lancer sur les infirmières cherchent à s'envoler dans les couloirs. Ils volent. La chance, eux ! Ils ne se noient pas au milieu de leurs tuyaux. Je m'emmêle dans les fils. Et ma tête de nœuds... J'aimerais bien mourir. Ou disparaître, c'est pareil. Parce que j'ai l'impression que lorsqu'ils m'injectent leur bouillie dans les artères, je gonfle, je gonfle... Et je deviens rouge. Rouge tomate. Un pure concentré, comme cette bouillie immangeable qu'ils m'injectent. Entre autres. Je ne veux pas être rouge ! Je veux être blanche, d'un teint cadavérique - ou orange - ou bleu - ou mourir.

Et me laisser pousser la barbe, pour collectionner les infirmières empotée potelées, potiches, coiffées au poteau, accrochées, même.



Ils sortent bien, eux, ces malades. Même ce petit vieux aux couches, je l'ai vu sortir d'un couloir, sur son brancard. il paraissait apaisé | et plus vieux encore. Je ne veux pas attendre d'être comme lui, pour partir ! Est-ce que je ne vaux pas mieux ? Dîtes-moi ? Si, si, bien sûr...

Ne t'inquiète pas, Emmanorexie, moi, je suis là
, peu importe que tu agonises dans cette chambre, à ta fenêtre, les mains bandées |les poignets| et le regard sur les arbres amoureux, je suis sous les lanières, dans ton pyjama, sur le cadre de ta fenêtre - comme dans blanche-neige, tu sais ? Et ses cheveux d'ébène... Reste avec moi, et tu seras une princesse... ne t'inquiète pas, Emmanorexie, tout va s'arranger, nous allons te reconstruire un monde. Ton monde | Il sera beau, grand, et tu seras à sa tête ! Ce sera une mégalopole sur laquelle tu déverseras ta folie, en son sein, à courir, pied nu, sous ses immeubles victoriens, en robe couture ; tu crieras au loup, et les moutons te suivront. Hasta la victoria siempre ! La révolution doit être menée par les fous eux-mêmes - et suivie par les autres. Ce cher Che, lui aussi, avait de bien paradoxales alliés - et il avait une barbe.

Un peu de verve, que diable ! Du symbole, de la cause, et de l'éloquence ! Que les armes s'effacent devant la toge, et que vos lèvres s'étendent vers sa bordure pourpre, jusqu'à effleurer mes orteils vernis de noir ! Je pourrais dire que puisque
vous n'êtes pas malades vous m'êtes inférieurs. Ce serait tellement facile ; il y a tellement de malades, d'inquiets et de fous dans ce monde. - des cons.

Mais je préfère dire que vous m'êtes inférieur parce que je suis bien meilleure. Je ne provoquerai pas de guerre, moi, n'étendrai pas de conflit, ma polémique n'ira pas bien loin - je compte simplement me faire égorgée, pendre, tuée, mourir de mon anorexie | j'irai crever jusque dans vos lits.

Ce serait bien dérangeant, non ? Ainsi vois-je la vie.


Je vous entrainerai tous dans
mon délire | parce que, plus on est de fous, plus on dérive... vers la connerie.

 

par Emmanorexie publié dans : mes réflexions
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