Jeudi 10 janvier 2008
Supprimé par jalousie. Il y a des fois où nommer le mal ne fait pas passer les douleurs.

Je suis horrible.
par Emmanorexie publié dans : les bases
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Vendredi 4 janvier 2008
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Je pense à toi.
par Emmanorexie publié dans : les bases
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Vendredi 4 janvier 2008
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Que ce soit en anorexiques exigeantes, narcissiques, égocentriques, ou en jeunes richardes habituées des luxes, prétentieuses, égoïstes, nous ne faisons qu'attendre une mort certaine en nous livrant au merveilleux ravisseurs artificiels. Ana ou Marie-Jeanne, nous ne faisons qu'abuser de nos bourreaux pour nous divertir, en attendant la fin. Nous enfilons les bas, paradons serties d'os, revêtissons des robes de princesses pour nous enfuire, le jour de notre anniversaire, quand le gateau arrive... Nous divertissons sans être aimée, de notre tête blonde, de notre poitrîne rembourrée à la perfection, et lorsque l'on ose les mimiques provocatrices, nous sommes les putes attitrées de la soirée. Nous sommes les garces du nouvel an. Nous courrons en jarretière dans les églises.

Nous voulons abuser, nous voulons faire trop, nous voulons faire mal, pour quitter ce monde repus, pour ne laisser derrière nous ni pudeur ni morale - nous nous dévetissons à une vitesse ahurissante avec l'intention secrête, sourde machination,  de quitter ce monde débarassés de tout plaisir. Oui, si nous quittons ce monde - et nous le quitterons - autant le quitter bien, le quitter bien, le quitter net : coupons tout lien avec notre famille (il suffit de se faire renier, déshériter), ne nous faisons plus d'amis (rien que des fournisseurs, des clients, des apparences), et quittons ce monde délestés de tout ce fric qui nous pèse lourd sur la balance divine.

Atteignons le poids zéro pour être sûrs d'atteindre le paradis. Maigrissons pour prouver à dieu que nous suivons les consignes de jeûne, et sourions hyppocritement aux mendiants, pour le persuader que nous faisons des efforts. Soyons aimés, plus tard, parce que pour l'instant, nous n'avons pas le temps.

Nous sommes occupés à préparer cette mort imminente, à nous faire belle, et à provoquer le destin, en dansant sur les rails, parce que de toute façon, nous n'avons plus rien, parce que de toute façon, nous avons tout perdu, parce que de toute façon, nous n'avons pas peur de la mort ! Trop occupés pour prêter attention aux conseils, aux alertes, aux menaces environnantes : nous seront anorexiques, nous seront riches, voilà tout ! Vivantes, et déjà mortes. Mais tellement belle...

Comme un hommage posthume. Merde.
Parce que de toute façon, une anorexique est detinée à mourire, lentement, à petit feu, pour se laisser le temps de revêtir ses plus beaux atours, de se délester des choses auquelles elle tient dans un ordre relatif... Je me délesterai de toi en dernier. Tu comptes tellemement.



par Emmanorexie publié dans : mes réflexions
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Vendredi 4 janvier 2008
Quand je marche en talons aiguilles dans la rue, souriant presque du son clinquant et claquant des embouts aiguisés sur la chaussée pavée couverte de déchets, je la troue avec avidité, avec une fervente motivation, une absolue conviction. Je m'insinue dans le moindre orifice, je creuse le plus petit défaut, pour finalement dévoiler au monde une laideur flagrante. Et la mienne ? 
Je marche en talons aiguilles dans la rue, souriant presque devant ces hommes dont je piétinerais bien la figure de mes botinnes, souriant presque à le vue de ces femmes qui me font des croches-pieds pour me faire redescendre sur terre, je pleure ; je pleure à défaut de sourire. Vous savez pourquoi ? Non, bien sûr que non. Personne ne sait, sauf moi. C'est mon jardin secrêt, mon Eden interdit, mon secrêt enfermé plus à la cave que dans ma cours extérieur, parce qu'il n'est pas si attrayant.
Oui, j'aimerais me dire que vous me trouvez grosse, que votre regard se porte sur les bourrelés de mes anches, que mes talons n'eclipsent en rien la cellulite que moule un jeans trop petit - du 58, au moins. Mais il n'en est rien. Je suis, reste bien, jolie. Ce n'est pas pour ça que je pleure... Mes larmes ont une toute autre saveur...

Je pleure parce que je suis en jupe. Je pleure parce qu'il me suffit de parader pour que vous gobiez tous mes mensonges. Je pleure parce qu'il s'agit de me maquiller, pour vous tromper à mon gré. A mes souhaits. Mais, tant que je reste habillée... Je pleure parce que je suis en jupe, que je suis obligée de courire, de passer sur les bouches d'aération, de me pencher pour ramasser un sac tombé à terre, de porter des jaretelles trop longues, pour que vous ne prétiez pas attention au principal. Je me penche en avant pour que vous ne puissiez pas regarder sous ma jupe.

Vous ne comprenez pas, n'est-ce pas ? C'est normal, il s'agit de mes secrêts, de mes secrêts bien gardés. Je vais tout vous dire. Je vais me mettre à nue. Je vais arracher mes bijous un à un, ma bague papillon, ma bague en argent, incrustée de diamant, ma bague à pierre noire, trouvée dans un café, décalotter mes ongles perpétuellement peints, griffer mes oreilles en ôtant leurs boucles pantelantes, creuser mon nombril en saisissant sauvagement mon piercing. Et labourer mon corps de mes doigts pour extraire le moindre grain de maquillage. Et m'écorcher vive, pour ne plus voir le moindre grain de beauté... J'en ai tellement. C'est inimaginable. Putain de grains de beauté. Pas un n'a été foutu, pas un, jamais, de justifier leur présence par leur qualité. Pas de "c'est parce que tu es jolie !". Et bien, putain de grains de beauté, vous joncherez le sol comme n'importe quelle merde environnante. Ensuite, m'attaquer à mon débardeur d'hiver (à distinguer de ceux d'été, minuscules), en découper les bretelles, en découper les tissus, et manger mon soutien-gorge. Déboutonner ce qui peut-être déboutonner, faire sortir ma braguette de ses gond, et vomir mon pantalon. Et mon string, et ma culotte, ensevelli sous quelques bourrelets, je le-la ferai éclater.
Je me mettrai à nue, vous verrez tout. Vous comprendrez tout. Vous comprendrez pourquoi je pleure, seule, dans la rue, lorsque je m'y ballade en jupe, et en talon aiguille, sous les catédrales strasbourgeoises, au fil des magasins de la capitale. De jour, parce que de nuit, je ne peux pas. Mes larmes ne scintillent pas. Elles sont ternes. De la même couleur que ma peau. Transparentes.

Pour vous, je serai transparente, aussi. Vous verrez la cavité de mon coeur battre, le papillon, incompréhensiblement, s'acharner, et mes entrailles se tordre de douleur. Je serai transparente, je vous dirai tout...

Je vous mets dans la confidence... chut ! Pchuut...
Silence, pas un mot, et, peut-être, comme le petit prince, dégoûtés vous des roses superficielles de mon jardin. Regardez-moi, et comprenez ce à quoi je pense. Observez cette putain d'image, et regardez moi ensuite...

Je pleure, dans la rue, en talons aiguilles et en jupe, parce que si j'enlevais mes vêtements, si je cessais mes mimiques provocatrices, la mascarade, la fabuleuse et merveilleuse tragédie, ce banquet, ces festivités san fin s'arrêteraient. L'amour avec. Je pleure, parce que si vous regardiez sous ma jupe, vous verriez à quel point je suis laide. Vous verriez mes cuisses qui se touchent l'une l'autre, se frôlent, jusqu'à l'irritation lorsqu'il me prend de courir, lorsque je pleure, vous constaterez la bosse au dessus de ce que vous soupçonnerez être mes genoux, recouverts, ensevellis sous la graisse, sous le gras. Vous ne pourrez que remarquer des vergetures, en conluant amèrement, avec un brin de dégoût, que j'ai grossis trop vite. Vous verriez mes hanches prêtes à dépasser de la jupe ceintrées, se balançant sur mes pas, se coulant sur mes sous-vêtements, s'enlissant dans la soie du tissus... et je ne saurais dire laquelle des deux est la plus douce, au touchée. Douce, chaude, visqueuse... Telle est ma graisse. Je pleure parce que vous verriez mes chevilles énormes, rentrant à peine dans mes talons aiguilles, mes molets d'une largeur écoeurante. Vous verriez ma peau purrulante, envahie de grains de beauté, zébrée de vergeture. Ma peau blanche de clown, et vous constateriez que mon maquillage d'estéthicienne n'est qu'une grotesque mascarde.

Tiens, étrange, "grotesque", ça possède une sonorité approchant de celle de "gros" ! L'étymologie semble être la même. Mais, vous l'aurez compris, il ne faut pas s'arrêter aux apparences...

Si vous vous penchiez un instant sous ma jupe, si vous oubliiez mes bas, vous verriez ma laideur, mon obésité, ma graisse. Vous connaîtriez mon secrêt. Il vous suffirait d'être lucide... D'être un peu moins naïf. Je me fous de vous...


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Si vous vous penchiez sous ma jupe, vous verriez que je ne porte pas de culotte.
par Emmanorexie publié dans : mon quotidien
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Jeudi 3 janvier 2008

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Jette un oeil ;
Puis un mot.



Parce que j'ai déjà vu
certaines d'entre vous rendre hommage par de brefs articles à certaines d'entre nous, parce que même si je n'accepte pas cette idée de "communauté", je ne peux m'empêcher de grimacer lorsque fugitivement, les avatars des disparues m'aparaissent, me viennent à l'esprit, alors que je marche dans la rue, parce que les noms de Kroko, Roxanne, poupey-ana nous hantent toutes lorsque nous jeûnons, parce que nous maigrissons, mais aussi faisons attention pour elles...



Parce que nous allons disparaître un jour, que nos blog seront supprimés - c'est si courrant...,
...et lorsqu'il n'y aura plus ni souvenir ni articles,
qu'adviendra t'il d'elles ?

Je veux célébrer certaines mémoires. Pas vous ? Rien qu'un mot ici [X]
Rien qu'une inscription rapide, sans même besoin de validation.

Rien qu'un peu de solidarité...

Vous dérangerait ?

Si vous connaissez l'une de ces défuntes adorées...


cimetiere-d-ana.blog4ever.com/

par Emmanorexie publié dans : les bases
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Mercredi 2 janvier 2008
TO ANNE - avant moi, sur une petite musique, quelques beautés (les tiennes ?) en tête, sans espoire d'écrire une oeuvre d'art. Pour toi, rien qu'à toi.

Besoin d'un peu de folie solitaire, pour extérioriser d'un moyen anorexiquement possible, ma joie.


J'ai crisé, hier soir (petits gateaux de noël, biscottes, pains au lait, pépitos, pain blanc, fromage, miel, salade de pates, banane, chocolat noir, chocolat blanc à la noix de coco, chocolat au lait riz-soufflé, paela, toast, saumon), mais, sincèrement, je m'en fous.
Tu en vaux bien la peine.

Et puis, alors que tu as même osé me demander "dois-je réanorexier pour toi ?" je ne peux décemment pas mentir, me plaindre. Alors que tu as osé me dire "je t'aime", alors que tu m'as parlé toute la soirée, alors que chacune de tes questions me faisait tomber du fil.

C'est étrange, ce sol sous mes pieds. Je me sens humaine à tes côtés. A moins que tu ne partages ma folie, dans un genre différent, toujours, meilleur, certainement, et que je ne t'en aime que d'avantage... C'est vrai.
Tu en vaux bien la peine - la joie ? Quoi qu'il en soit, tu me tires de mes nuages. Il fait froid au dessus des orages...

Besoin de me droguer à l'encens, de me donner l'illusion d'un flou euphorique à travers les volutes parfummés à la vanille. J'aurais préféré une des fleurs d'oranger... Vague impression d'être un ange. Même plus de terre, sous mon regard. Vague sensation d'un ciel sous mes pieds ; à moins que ça ne soit le ciel qui se dérobe sous les pieds, qui tourne ; à moins que je ne sois en train de tomber plus bas encore.

Besoin d'un peu d'amour de moi-même, merde, pour me remettre de ces fêtes dégoutantes. Pour réussir à accepter un peu de me laisser regarder, dénuder, dérober - oui, en effet, si je demain je tourne la tête, je ne pourrai plus te voir. Oui, si demain j'ai la joue contre mon ordinateur, je ne pourrai pas te parler...

Cette seconde rencontre me laisse plus envoutée que pensive.
Bien plus.
Tu en vaux la peine.

Ca me fait étrange, d'être libre à tes côtés - quand tu me dis que tu as peur de me harceler, alors que chaque silence me donne l'impression à moi de t'avoir dégoûtée. On me dégoûte si facilement. Je ne veux pas que tu me détestes.

Même que, pour  le nouvel an, je t'ai écrit un message que je n'ai pas pu envoyer. Pas de réseau... Rien qu'une église, que je me suis faite une joie de parcourire de long en large, en bas, et en jarretière. A exciter, provoquer le noir, les ténèbres, l'obscurité - comme un homme, quelle différence ? Je ferme les yeux, sous leurs caresses.

Oui, en effet, je ne souhaite vomir que lorsque je le souhaite.

Toute la différence est dans le regard, non ? Tu n'aurais pas besoin d'alcool pour me faire pleurer. Tu n'aurais pas besoin d'alcool pour t'attirer mes compliments, mon affection. Ma gentillesse, même si je crois que je ne le suis pas beaucoup. Je suis méfiante. Je m'imagine des choses.

Dans cet état perpétuellement second, ce maudit sourire au lèvres, ces papillons dans la poitrine et ce mal au coeur. Je tiens aussi bien le malheur que l'alcool ; j'écris des messages dans les bras de ce chéri qui n'a pas le droit de te lire.

Comme un barbelé
dans la bouche,
comme un garot
autours de la langue,
perdue dans une campagne sans 
réseau -
heureusement encore
y a t-il un relais poste ! ^^ je ne
peux pas t'apporter mes voeux,
je mexcuse, en échange,
je nai pas fait lamour,
jai pense a toi ; si
seulement ca avait
été toi, à mes cotés
je naurais eu ni honte
ni regrets a lidée de
me promener en bas
dans léglise.
Et, sois en sûre, je
n'aurais eu ni regrets ni
remords à lidée de
t'embrasser.

Et, tu sais ? Je ne mettrai pas ton prénom en entier dans mon pseudo. Ton pseudonyme, même, vient à me faire craindre les pires intérets... Les meilleurs sont les pires ; les gens que tu interesses te raviraient à moi. Pas eux. Tous, mais pas eux. Personne, je ne demande pas. Je t'aime. Et si tu m'aimes, ça me suffit...

Je crois que je vais mettre "No". Je peux ?

Je crois aussi que je vais couper une partie de ce texte, car, entre mes besoins, et ces maudits éclats d'amour qui transparaissent, j'ai peur de te couper toi. J'ai peur de tout dire, pour devoir me taire ensuite... J'en garde un peu. Pour les prochaines lettres,

Je remonte d'ailleurs son mon fil, en attendant que tu la reçoives. Va t-elle te plaire ? Et mon écriture ? La tienne est tellement belle, tellement soignée, d'une régularité imposante. J'en parle, de la mienne, sur ma lettre, en réponse à la tienne.

Ca fait un peu mal, sous mes pieds. Ces lieux que je foule, si différents... distributeur de sensation. Il n'y a que mon vernis noir, sur les ongles de pieds, qui ne change pas. Mais je changerais pour toi ; je t'aime.

Je veux tenir toutes les promesses que je te fais.

Besoin de les tenir...
Mais, mes besoins sont si dérisoires, comparés aux tiens. Je ferais tout, pour toi. Et je viendrai. Pour le baiser, pour toi.

Bien à toi...




par Emmanorexie publié dans : lettres
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Mercredi 26 décembre 2007

44

44, c'est son âge multiplié par 2 dans 2 ans, sa pointure de chaussures classes, sa pointure de basket + 2, les deux premiers chiffres de sa plaque d'immatriculation, le numéro de la maison du voisin qu'il aimait à provoquer par de grands cris provocateurs, quand j'étais à ses côtés, c'est l'âge de sa fiancé multiplié par 2 dans 4 ans, c'est deux fois son nombre préféré, du jour multiplié par 4 où tu m'as prise, le nombre de mensonges, lorsque tu prétendais être mineur, c'est l'âge qu'aurait ton enfant, si elle n'avait pas avorté sans te le dire, lorsqu'elle a cru deviner pour nous deux, le temps passé, multiplié par 14, je crois. C'est le nombre d'appels en absence, aujourd'hui - on appelle ça du harcèlement, non ? Une punition méritée ?


Il y a la réalité, les livres, et les rèves. L'os qui dépasse de la hanche, sur l'image...

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Un jour, j'ai vu le soleil se coucher quarante-quatre fois !
Et un peu plus tard, tu ajoutais :
Tu sais... quand on est tellement triste on aime les couchers de soleils...
- Le jour des quarante-quatre fois, tu étais donc tellement triste ?
    Mais le petit prince ne répondit pas.
par Emmanorexie publié dans : mes réflexions
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Mardi 25 décembre 2007
Tout part en papillon. ..140554071124074921.png
La bague à son doigt.    Les fines rainures des ailes enroulées du papillon s'encastrant parfaitement dans l'ossature apparente de sa première phalange. Le corps fin de l'animal, pas plus large que l'épaisseur de son doigt. L'envergure de l'insecte, pas plus grande que le pourtours de son doigts. Et les antennes qui faisaient de l'ombre à sa main toute entière... Insecte presque insignifiant. Autours de son doigts d'anorexique insignifiante. Elle est bien plus belle, bien plus douée, bien plus intéressante que moi, cette soeur à qui l'on offre des bagues papillons. 
Et mes doigts à moi.    Boudinés, ils s'enfoncent au fond de ma gorge, pour en vomir, des papillons. (
Oh, moi, si, je voulais les vomir, ces papillons, Justine !) Ils partent par morceaux, leurs ailes se découpent, se liquéfient, et me griffent la bouche et la langue en s'envolant. Je les regarde se noyer dans la cuvette. J'écoute les autres s'entechoquer dans mon estomac ; je me donne des coups pour les tuer. Leurs ailes se plantent dans mon estomac - ces papillons ne partiront-ils jamais ? Je les évacuent à coup de laxatifs... J'aimerais bien, mais non, c'est sale. J'essuie  mon index, mon majeur et monannulaire de la main droite.Jj'insiste sur l'annulaire, je prends un coin  du papier  pour  enlever les  gerbes jaunâtres sur ma bague argentée hors de prix. Je n'ai pas eu droit à une bague papillon. J'ai une grosse bague en argent moche et trop grande, pour Noël. J'ai l'air aussi grosse que ça ??

J'avale difficilement le coup des papillons.    Ils se collent dans mon milieu intérieur, m'étouffent, me tapissent d'une saleté qui lui est propre à Elle. Ils moulent mes courbes. Mes creux. Mais un creux à l'intérieur, ça fait une bosse à l'extérieur, c'est mathématique. Est-ce que ça veut dire que si je suis si grosse, c'est parce qu'en faite, je n'ai pas de coeur ? C'est probable... C'est vraiment trop triste... C'est toujours aussi triste, de se rendre compte qu'on n'a pas de coeur (qu'on est une sans-coeur, dis-moi, mon amie) ? Et ces parenthèses, servent-elles seulement à quelque chose, y a t-il une seule autre fille qui se soucie de mon sort ? Je n'ai pas de coeur...
Et pas de papillons non plus.    Nulle part. J'en voudrais pour tapisser ma chambre. Les planter d'épines, d'aiguilles, au souvenir de ces tee-shirt imprimés papillons auquels Elle a eu droit pendant des années. Les papillons sont des animaux
graciles. Moi, je suis un buffle. Même trop brutale pour du karaté, mon professeur a honte de moi, incapable de faire première. Seconde ? Ridicule ! C'est moi qu'on devrait épingler sur un mur, mais, ah, si je tenais ! Si seulement on pouvait me mettre à un mur, comme une oeuvre d'art... Je m'approche plus des charognes plantées sur un pieu, ou encore d'un Jésus (la majuscule, c'est parce qu'il s'agit d'un prénom comme un autre...). Mais moi, je suis trop lourde. Et même si on décollait les papillons qui me comblent la gorge, je serais encore trop lourde. Toujours.
Et lêcher des papillons !   
Comme Dora La Junkie !

Si je me tirais une balle dans la tête    est-ce que ces satanés papillons s'en iraient battre des ailes dans l'estomac de quelqun d'autre ? Ouvre la bouche... Fais "aaaaah"... Tu auras la chance de sentir des papillons glisser dans ta gorge. Comme un insecte qui volète dans ton intestin.
C'est à peine mieux qu'une anorexique complêtement tarée dans la tête. La présence schyzophrène continuelle de la méchante
Ana. Et Mia qui s'occupe les mains à te tordre les tripes... Ca fait beaucoup d'habitants, pour une si petite personne. - Y a t-il alors quelqun prêt à se loger dans le creux de mon coeur ? Comme une idole, comme un artefact, comme une relique, comme un petit animal de compagnie...

Parce que là, j'ai comme un papillon    à la place du coeur. Et, quand je pose ma main sur ma poitrine, je l'entends taper contre ma peau pour sortir de mon corps. Ca fait "
boum", "boum", "boum", "boum". Et jamais, jamais, ça ne s'arrête. Et parfois, ça s'emballe. Comme un grattement d'aile, des antennes qui me transpercent la peau. Ca fait très très mal... Je me sens faible... et je tombe.

Oui, je tombe. Je n'ai pas d'ailes, moi. J'aimerais bien, être un papillon...


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par Emmanorexie publié dans : mes réflexions
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Mardi 25 décembre 2007
La désillusion est cruelle..
Menel, les hébergeurs sont décidemment des connards.

Mais, heureusement, malgré tout, ton blog, si éphémère soit-il, a été profitable à de nombreuses personnes, moi y-compris. Depuis tes débuts, quelle qu'est été l'opinion des autres, j'ai adoré te lire, suivre ton parcours, ton évolution, et le fils de tes pensées.
Partager ta vie, tes réflexions, tes opinions, à toi. Je ne pense pas que tu devais arrêter... Je ne veux pas perdre un moyen aussi matériel de faire parti de ta vie... Je ne veux pas te perdre, chère Menel. Tu sais combien je t'estime, combien je tiens à toi, combien je t'aime.
Ne me laisse pas pour toute présence, qu'une silhouette fine et bronzée dans une robe blanche, et une adresse msn. Tu es bien plus que ça, Menel... Tu en déceverais plus d'une, si tu n'ouvrais pas un autre blog. Tu perdrais plus d'une admiratrice. Je t'accorde que je ne serais pas de celle-là - ne t'ais-je pas promis de t'être fidèle jusqu'au bout ? Jusqu'à ce que tu guérisses... Puisque, et tu es la seule à avoir réussi à me le faire comprendre, la seule, la première, l'unique, la guérison est la seule fin possible offerte.

Si tu ouvres un autre blog, s'il te plait, surtout, ne manque pas de m'en donner l'adresse. Je ne veux pas perdre une chance comme celle-ci, alors que j'ai déjà tellement de chance de te connaître. Tu es une fille merveilleuse. Tu es la fille merveilleuse que je connais, plus qu'une inconnue que je me contenterais de lire. Je t'aime. Et si tu arrêtes, promets moi seulement, alors, et alors que tu n'interromperais pas tes visites, pour me donner quelques nouvelles, de guérire, de réussir tes études si difficile, et de te rendre heureuse ;

ou de trouver de nouvelles personnes qui te rendront heureuse.
Sois heureuse

Il n'empêche, que c'est une cruelle désillusion : les hébergeurs sont vraiment des connards ignorants, sans aucun discernement, sens de réalité, humanité ni ouvertue d'esprit !.




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par Emmanorexie publié dans : lettres
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Mardi 25 décembre 2007
Pour Noël, j'ai reçu Le Petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupery.
[Un premier pas vers mon corps d'enfant...]

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    [Courir vers l'enfance. Ce sera tout. Puis plus rien...]

On va y aller progressivement. Tout doucement. Avec une
poésie indéniable, sur le chant des touches qui tombent et succombent sous mes doigts.

    [Petits bruit de pas enchaînés sur le sol. Tapotis. Glissement. Puis plus rien...]

"t'es dégueulasse". Je sais maman. Mais tu es
trop vieille pour me comprendre...  "Des affaires sérieuses m'attendent, moi. Je suis occupée." Je peux te provoquer comme je veux. Tu n'as pas le temps de me répondre.

    [Courir jour et nuit, sans s'arrêter, à travers le désert de la faim. Du vent, du sable, un corps qui      
    redevient poussière? Puis plus rien...]

Et toutes tes questions... attends que je réapprenne à être enfant.
"Même pas foutue de me dessiner une carte pour noël". Je sais maman. Mais tu es trop vieille, tellement vieille que tu as oublié que
mon dernier dessin, quand il a gagné le concours, tu m'as dit que tu ne voyais sincèrement pas ce que les juges lui avaient trouvé - Tes affaires sérieuses, pour le coup, maman, tu aurais pu te les garder pour toi -, et tellement vieille, que tu ne comprends plus que ma carrière d'artiste, tu l'as gobée d'un coup. Mais, j'attends que tu le comprennes en laissant traîner quelques ancien dessins, parce que, maman, "on ne sait jamais"... J'attends de redevenir enfant.

    [Courir, et voir sa silhouette s'effriter sur les obstacles. Un bout de bras, un bout de chaire. Puis plus         rien...]

Ca ne va pas tarder. Je me tue sur un
dernier adieu à ma vie d'adieu. Lentement, avec une poésie certaine. Un adieu chiffré, pour marquer une dernière fois le coup. Les chiffres qui descendent... âge, poids, taille - oui, mon dos se voute. Je ne parais pas mon âge ?
Ce serait tellement jouissif, de me l'entendre dire... "tu parais tellement plus jeune". Ah ? C'est vrai que d'habitude, on me prendre pour une majeur, on me prend pour une prostituée, avec mes hanches d'italienne. Mes bras graisseux dans lesquels on voudrait se blotir.

    [Courir, sans s'arrêter, regarder défiler les cons, les putes, les amis et les autres. Puis plus rien.]

Anorexie, mais où es-tu repartie ?

    [Courir à sa poursuite. Je ne suis rien sans elle.]


C'est une parenthèse à prendre en compte...
par Emmanorexie publié dans : mes réflexions
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T.O.O

SRY <>

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