Pire encore que d'être la seule personne ivre parmi un groupe de jeunes gens clean, être la seule clean parmi un groupe de jeunes gens ivres. Remplacez "clean" par "lucides",
et vous comprendrez que la folie est mon ivresse ; passez simplement cette introduction, et vous subirez avec un tact indéniable ma manipulation pour laisser aux yeux de Mon Only One une
subtile et délicate attention. Attention à elle, regardez-là, attention à ses messages, ils font parfois pleurer, je sollicite votre putain d'attentiion rien que pour une minute. Vous me devez
bien ça. Ma vie, pour la suite de l'article, mon pitoyable, elle va vous faie bien rire...
Rémy, as-tu ri ? Je t'ai envoyé un message, lorsque je suis rentrée chez moi, aussi folle que lucide, aussi clean que traumatisée ; juste après m'être démaquillée. [...] Oui, là, il y a un
problème - car, voyez vous, je suis de cette génération de bad girls, petites punk sans foi ni loi - de celles qui, selon l'article d'un journal populaire féminin, appliqueraient leur déodorant
par dessus leurs vêtements, ne changeraient pas, ou presque, de soutiens-gorges, retourneraient leurs culottes au besoin, au bout de quelque jour, et appliqueraient, chaque matin, une nouvelle
couche de mascara par dessus la première, poru gagner du temps - le tout au conditionnel, parce que moi, j'ai un peu de décence, un peu de retenue, un peu de tenue, et beaucoup de classe, et une
impertinence indéniable : je porte des strings. Je ne m'en démaquille par pour autant, j'aime me sentir laide, le soir, en sous-vêtements dans mon lit, à me griffer le visage et à passer mes
ongles longs entre mes cils malmenés par le paté noirâtre accumulé au fil des jours - ou des nuits. Et quand je me démaquille, et quand je me coupe les ongles, c'est que ça ne va pas.
Il est bien étrange, voyez-vous, de sinstaller à rater distraitement le trait d'eye-liner de l'une de ses amies, sur une baignoire déjà occupée par un ancien petit ami tecktonik
killer - qu'il la tue, sa merde, sa colombe avec, et qu'il emporte son rose fushia sur ses pas effeminés, tergiversant sans y prêter réellement attention de la rupture officielle à venir. Et
écouter sa meilleure amie anorexique discutailler à travers la porte, depuis le téléphone que tient le raté casséex-casé en question. Et royalement ignorer ledit idiot. J'ai une merde noirâtre
supplémentaire à superposer sur les yeux chiasseux de mon autre meilleure amie, moi ! Et un ancien petit ami à divertir de mes sourirs, de mes bêtises, de mes salives mieilleuses déversées sur la
scêne à venir - que c'est méchant, que c'est bas, que c'est fourbe, et quelle garce, celle-là ! Garce, oui, mais on parlera d'elle lorsqu'elle s'en ira, et même si elle est trop grosse pour qu'on
l'a déshabille - elle ne sort pas de ses vêtements, qu'elle ne quitte d'ailleurs jamais - est-ce qu'elle se change, au moins ? Elle est le sujet de nos fantasmes. Il suffit d'oublier son
inexpérience, sa graisse et ses façons de hurler quand on la touche - de douleur, de peur, de plaisir, quelle importance, ses cordes vocales déchirent les oreilles.
Quand elle crie, seule dans son caddie, comme c'est drôle, comme c'est divertissant, c'est une bien belle bête de foire, la petite Emma, et son gras dépasse du grillage métallique, elle doit
avoir froid, avec son petit top à volant, la petite Emma, une petite rigolote, ah, ça, il n'y a pas à dire ! On aura passé une belle et bonne soirée, grâce à elle, la marrade assurée, et quand en
plus, elle doit promettre de sucder et de se déshabiller pour sortir, elle est bien bonne - enfin, pas si bonne que ça, bien conne, surtout. POurquoi elle est montée dans ce caddie ? Elle le
sais, pourtant, qu'on l'aime pas, nous, elle fait pas partie de notre monde, d'ailleurs, elle a même pas bue, ce soir, ça devait être poiur se délecter de la douleur de F. quand elle lui a
annoncé qu'ils allaient faire une pause - alors que c'est elle qui l'a trompé, en plus ! Quelle culot ! Et quelle cul, à la bousculer, dans son caddie, ses vêtements ne couvrent plus grand chose
! Fuat dire qu'ils sont trop petits pour son anatomie démesurée...
Mais, moi, j'ai peur dans mon caddie. J'avais confiance, j'ai oublié la pente vers laquelle il m'a dirigé, l'autoronuméros échangés, blagues vaseuses partagées, rien de bien
méchant, ni de bien sincère. Je me suis couchée dans le caddie quand tu me l'as demandé. Je n'ai pas résisté, refuser, c'était se voir attitrer le pseudonyme de 'miss coincée'. Je me suis
allongée, agenouillée, tout ce qu'il te plaisait et te convenait, dans ce putain de caddie.
Ouais, hein, qui a l'idée de faire une soirée caddie au Super U ? Avec des inconnus, complêtements ivres et déchirés ? Moi, un joint, ça n'a rien changé, en talons aiguilles et veste bien trop
fine pour me protéger du ventute vers laquelle il m'a fait glissé, ça roulait, ils étaient mes amis. Après tout, on a passé une bonne soirée, non ? Y., T. et les autres. Et puis, je suis celle
qui, avec sa rupture en direct, vous a occasionné un spectable qui vallait le coup, le dérangement, et le prix du popo-corn. Je suis celle-là. Je suis cette fille.
Oui, cette fille que vous naimez pas, et que, fuck you, vous avez enfermé dans un caddie, l'emboitant à la suite des autres, reliant les chaînettes et me cloitrant, prostrée, contre le sol du
grillage à vous hurler de me laisser sortir. Ca vous excite, ça vous fait bander, que je crie, je le sais, j'ai l'habitude, et en griffant à travers le grillage, je l'ai senti. Je suis de ce
genre de filles que vous aimez à torturer. Je le sais. Mon viol, ne me prenez pas pour une conne, je m'en souviens très bien. Je ne l'ai pas inventé. Je ne l'ai pas inventé. Je ne l'ai pas
inventé... Si ?
Je ne crois pas avoir été consentante à mon malheur. Mais, à fréquence, lorsque vous le débitez, je pourrais y croire. J'ai peur, prostrée dans mon caddie, merde. J'ai peur, et je n'ai même pas
un peu d'alcool pour me réchauffer. Devinez pourquoi ? Par sens des convenances, et, parce que je l'ai promis. Ces putains de promesses qui m'enchaînent sur un parking à 1h02, sans portable.
Seule. Misérable. Pitoyable. Je collectionne les frustrations et les larmes de rage. Les folies. C'est du pareil au même... - Justine.
J'aurais dû l'étrangler, quand je tenais son cou, la main hors du caddie, merde. Regrêts, une presque nostalgie.
Mais, après tout, je m'en fous, allez tous vous faire enculer à sec.
Et puis, en plus, encore, déjà enfant, les caddies, ça ne m'évoquaient que des jeux illicites et réprehensibles par les mamans trop attentives aux regards des autres.
vérités & verdicts