Jeudi 17 avril 2008
  • Tu prétends vouloir briser le coeur de ces hommes d'un talon féministe - mais sais-tu seulement que le seul sang qui coulera ce soir, sera celui de ton pied blessé par des heures de course & poursuite à travers sa vie ? Tu n'es pas une si bonne princesse que cela.

                                                            tiens, mais ne serait-ce pas la première imperfection que je ne lui pardonne pas ?
                                                                      Un tel réconfort...


par Emmanorexie publié dans : mon quotidien
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Mercredi 16 avril 2008

Le reflet du soleil sur le sachet translucides des perfusions, mon anorexie |mentale| m'éblouit. Nous ne sommes qu'un tout universelle, et, reliée à ce bout de métal et à cette flaque d'eau multivitaminée, je crois que même nageant au milieu des détritus, écume plus communément nommée emballages, je n'ai jamais senti émaner pareille aura bienfaitrice, osmose particulière, harmonie symphonique, absolue clarté, et, pour achever de vous perdre dans ma contemplation, troublante empathie.

 




Emancipons nous : je brille bien mieux seule, pas besoin de plastique réfléchissant ; et d'ailleurs, je suis mon propre soleil. Aux armes, grands malades, grands fous ! Des petits trous, des petits trous, encore des petits trous... Et une sonde qui vous passe par le nez. On paraît bien médiocre, et on affiche sa mollesse devant le public, on tire la révérence, les fils - débrancher - et tirer le cou de son père, et le supplier de nous débrancher à son tour... Admire, papa, admire, ce que tu as fait de moi. Ah, papa, tu es toujours aussi égoïste ! Que peut-il te faire que je te menace avec mon appareil à perfusion, si je te dis que je crève, et que je veux sortir ? Tirez-moi de là - hors de mon corps, je veux dire.

Pas une seconde de plus ici. Pas une seule personne. Pas un seul fou.
            Je suis une suffisante compagnie. | attentions aux synonymes. Je vous donnes les clés de ma folie. Je suis d'une barbe rousse et hérissée plutôt troublante, et je cache des amants dans mon placard, sous la clé ensanglantée.

D'autres drôles d'animaux, qui fabriquent de petites boulettes de leurs couches
souillées pour les lancer sur les infirmières cherchent à s'envoler dans les couloirs. Ils volent. La chance, eux ! Ils ne se noient pas au milieu de leurs tuyaux. Je m'emmêle dans les fils. Et ma tête de nœuds... J'aimerais bien mourir. Ou disparaître, c'est pareil. Parce que j'ai l'impression que lorsqu'ils m'injectent leur bouillie dans les artères, je gonfle, je gonfle... Et je deviens rouge. Rouge tomate. Un pure concentré, comme cette bouillie immangeable qu'ils m'injectent. Entre autres. Je ne veux pas être rouge ! Je veux être blanche, d'un teint cadavérique - ou orange - ou bleu - ou mourir.

Et me laisser pousser la barbe, pour collectionner les infirmières empotée potelées, potiches, coiffées au poteau, accrochées, même.



Ils sortent bien, eux, ces malades. Même ce petit vieux aux couches, je l'ai vu sortir d'un couloir, sur son brancard. il paraissait apaisé | et plus vieux encore. Je ne veux pas attendre d'être comme lui, pour partir ! Est-ce que je ne vaux pas mieux ? Dîtes-moi ? Si, si, bien sûr...

Ne t'inquiète pas, Emmanorexie, moi, je suis là
, peu importe que tu agonises dans cette chambre, à ta fenêtre, les mains bandées |les poignets| et le regard sur les arbres amoureux, je suis sous les lanières, dans ton pyjama, sur le cadre de ta fenêtre - comme dans blanche-neige, tu sais ? Et ses cheveux d'ébène... Reste avec moi, et tu seras une princesse... ne t'inquiète pas, Emmanorexie, tout va s'arranger, nous allons te reconstruire un monde. Ton monde | Il sera beau, grand, et tu seras à sa tête ! Ce sera une mégalopole sur laquelle tu déverseras ta folie, en son sein, à courir, pied nu, sous ses immeubles victoriens, en robe couture ; tu crieras au loup, et les moutons te suivront. Hasta la victoria siempre ! La révolution doit être menée par les fous eux-mêmes - et suivie par les autres. Ce cher Che, lui aussi, avait de bien paradoxales alliés - et il avait une barbe.

Un peu de verve, que diable ! Du symbole, de la cause, et de l'éloquence ! Que les armes s'effacent devant la toge, et que vos lèvres s'étendent vers sa bordure pourpre, jusqu'à effleurer mes orteils vernis de noir ! Je pourrais dire que puisque
vous n'êtes pas malades vous m'êtes inférieurs. Ce serait tellement facile ; il y a tellement de malades, d'inquiets et de fous dans ce monde. - des cons.

Mais je préfère dire que vous m'êtes inférieur parce que je suis bien meilleure. Je ne provoquerai pas de guerre, moi, n'étendrai pas de conflit, ma polémique n'ira pas bien loin - je compte simplement me faire égorgée, pendre, tuée, mourir de mon anorexie | j'irai crever jusque dans vos lits.

Ce serait bien dérangeant, non ? Ainsi vois-je la vie.


Je vous entrainerai tous dans
mon délire | parce que, plus on est de fous, plus on dérive... vers la connerie.

 

par Emmanorexie publié dans : mes réflexions
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Mercredi 16 avril 2008
THIS IS THE RABBITS END *

* Mais Emmandouille n'est jamais loin.
par Emmanorexie
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Vendredi 11 avril 2008
Si le chocolat ne se vomissait pas si mal, j'aurais mangé la tablette cachée dans le 8ème placard de ma cuisine. Je suis aussi calculatrice que manipulatrice. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Je suis de retour de Paris. Ce que j'ai aimé, là-bas, ce sont les Menus BigMac à 8 50 et les gens, dépourvus de ce genre de pudeur, qui ne s'interdisent pas de violer en public.

Ce que j'aime, chez moi... Non. Rien, en fait. Je suis une traînée trop pudique pour donner le nom de sa ville. Si pudique d'ailleurs, qu'on se demanderait même pourquoi je cherche à maigrir...


Le centre du monde est ici et partout - je suis ce centre du monde. Bon retour Emmanorexie.
par Emmanorexie publié dans : mes réflexions
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Samedi 5 avril 2008

La vraie Paris, en couleur.


Je te ramènerais une carte postale, et toi un porte-clef tour-eiffel, et à toi mon corps décharné, que tu vois ce que c'est, d'être une prostituée dans les rues de Paris.

par Emmanorexie
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Vendredi 4 avril 2008
De sortie dans la ville, regards amusés, regards moqueurs, regards malades et comme ces gens qui vomissent de dégoût à mes pieds. J'anticipe, je prémédite l'horreur, je vomis avant ; et à l'écart, en plus, parce que je suis timide, voyez vous, pas de celles qui exhibent leurs amygdales sur les trotoires.
Il m'est déjà arrivé de vomir en appuis sur la voiture d'un ami, à peine cachée par la portière ; heureusement, il faisait nuit, et l'ami est mort - ouf ! Il n'y a plus de témoins !
Je suppose que je n'ai pas même la timidité. Simplement la honte, rougissante, gonflante, comme une infection corriace qui voracement suppurerait de graisse sur mes os. Je ne veux pas de ce gras, je ne veux pas, je ne veux pas être grosse - et mes médicaments qui m'empêchent de maigrir... Je crois que je vais essayer les ecsta, un demi cachés pour que le plaisir monte en même temps, avec son partenaire - petit idiot naïf, encore faut-il qu'on aime...

Crise dans le train, les gens tout autours, leur respiration haletante et les mains qui se baladent sur mes épaules - s'en est trop, je défaillis. Non, non, vous n'avez pas compris, je ne vomis pas, je tombe simplement dans les pommes - et finir en troisième classe, quelle déchéance. Le train va beaucoup plus vite derrière, et, entre nous, c'est la meilleure excuse, le mal des transports, lorsqu'il s'agit de se purger entre deux arrêts de 3 minutes.

L'anorexie-boulimie est la plus grande perversion d'une âme / décadence ultime.
Cet article ne vaut rien.
Allez-vous en, et peut-être alors que je vous laisserai pour Paris...


I have a wonderfull penis, pour ceux qui ont de la culture.
par Emmanorexie publié dans : mon quotidien
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Samedi 29 mars 2008
Cher accessoire paternel,

Je vois ta voiture qui quitte à reculons la cours de notre maison ; ton bras qui enlace le siège du passager, glanant quelques effluves féminines, trâces olfactives à demi effacée de tes tromperies. C'est bien volatile, une odeur, bien imperceptible, une tromperie, bien volage, un homme - mais ça, papa, je le savais déjà. Tu me l'as appris toute petite, lorsque tu me disais que le travail était le plus important, parce que de ménage heureux, de couple fidèle, il n'y aurait pas. Mais de toute façon, c'est toi qui m'a dit, quand même, que j'étais prédestinée aux études, pour être la plus intelligente
- mais aussi la plus laide. Je te ressemblais, papa, nous étions pareil, exclus tous les deux, et d'une asocialité troublante de similitude. Nous simulions en coeur la joie d'être parmi les notre, et ne manquions pas de chercher à nous évader, ensemble.

C'est pour toi, que je travaillais, papa, c'est toi qui me faisais quelques petits cadeaux quand je remmenais beaucoup de A, c'est toi qui répondais lorsque les gens me demandaient comment ça allait à l'école - et j'avais une confiance absolue en toi - et toi en moi. Dis, où es-tu parti, papa ? Pourquoi est-ce que tu m'as abandonné dès que Petit Frère est devenu assez grand pour vouloir visiter des chateaux avec toi, lui aussi ? Je t'en voudrai éternellement, de m'avoir abandonné ;

Parce que moi, maman, tu le sais très bien, que je ne l'aime pas, papa. Papa, je souffre que tu m'ais oublié. Je me dis trop tard, trop loin, tu es parti de la maison, et tu n'y reviens que pour fumer un petit joint, pa. Papa, nous aurions fumé ensemble, comme ma meilleure amie et son père, qui est si drôle et gentil, nous aurions fait pareil, plaisanté, nous serions allés voir une foultitude de concert.

Mais tu me gifles trop souvent pour ça, papa, tu es trop loin, tu m'en veux, aussi, d'avoir failli causer le divorce - et tu ne comprends pas pourquoi je suis un tel pagnier percé. Oui, pagnier percé, et mon coeur qui est parti au milieu des pièces, sur le même ton, et autant de résonnance - mon coeur, papa, il était vide, tu le sais. Heureusement qu'il me reste un cerveau, et des souvenirs, parce que sinon, je crois que j'aurais donné de l'argent, de ton argent à n'importe qui.



Arrête de me donner de l'argent, papa, je le dépense en paquets de cigarettes et en bouteilles de vodka - tu le sais, et tu le fais quand même ! Je m'achète des sous-vêtements qui me servent à gagner tout un tas d'argent. Et j'en glisse sous les feuilles de ton imprimante, et tu t'en sers, pour acheter ce qu'il te faut, papa;

Peut-être est-ce pour cela, papa, que tu ne me vends-pas à maman quand je vomis tous les soirs ? Tu m'as déjà entendu tellement de fois, ça te parait normal, et tu sais que je fume, et tu ne dis rien, du moment que ce n'est pas trop évident. Tout ce qui compte pour toi, c'est que je garde au minimum 17 de moyenne générale ; 16,9 ce trimestre, tu n'as pas nettoyé derrière moi, après mes crises, et maman a remarqué qu'il manqué tous ces aliments...

Je n'y peux rien, moi, tu le sais, papa, je suis sûre que tu t'automutilais étant jeune. Et ces tâches, sur le bras, que tu laisses apparaître sans rien faire - ça n'est pas une conduite à risque, peut-être ? Mais je n'y peux rien, papa, si je suis faible, si je suis boulimique - c'est parce qu'elle attend trop de moi. Je ne suis qu'un vulgaire panier percé, bon à étudier et à dépenser, je ne peux pas l'aimer aussi fort qu'elle me le demander - déjà que je suis en pleine dépendance affective...

Papa, pourquoi tu ne dis rien, quand elle m'insulte, quand elle me dit que je ne suis qu'une pétasse inutile, une petite connasse écervelée ? Quand elle dit que je suis prétentieuse ? Pourquoi tu croises les bras, dans les cuisine, pourquoi est-ce que tu t'assois ? Tu le sais bien, toi, pourtant, que je n'y fais pas exprès ! Quand je pars à Lyon, c'est simplement parce que j'éprouve le besoin très fort de mettre une balle dans la tête de mon violeur, ce n'est pas un caprice de gamine ! Papa, pourquoi tu ne le dis pas ?
Papa, pourquoi tu ne le sais pas ?
Papa, pourquoi diable, est-ce que tu ne cherches pas à me comprendre ?

Tu es tellement gentil, papa, mais tellement absent ; tu finiras par être aveugle, ce sera bien fait pour toi, papa.
Ou un jour, c'est dans ta tête, que je mettrai une balle - ou seulement après maman.

Parce que vous me pourrissez tellement la vie...



Sage Emmanuelle,
élève de 3ème 4.
par Emmanorexie publié dans : lettres
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Samedi 29 mars 2008
Je ne hurlerai pas de jalousie, j'y arriverai, parce que je suis plus forte, plus belle, plus intelligente que ça ; la jalousie, c'est pour les gens qui ne sont pas sûrs de leurs sentiments ; pour les paranoïaques qui n'ont pas confiance en leur amour ; pour celles qui n'ont pas confiance en elles - même ; pour les merdes telles que moi, incapables de retenir qui que ce soit à leurs côtés.

Pour les masses trop maigres pour affecter un quelconque pouvoir d'attraction. On appelle cela de la physique, très chèrs.

C'est vrai, ça, merde. Je n'ai jamais réussi, de l'enfance où ma grande soeur me volait toutes mes amies, me menaçait d'abandon si je ne la vénérait pas, me glissait l'idée de s'envoler avec les invités, me laissant seule à la table des adultes, et j'en garde des souvenirs si épéhmères... Et des larmes, dans la poussière, derrière chez moi, à piétiner le bitum qui recouvrait déjà la gare et à arracher les mauvaises herbes de la forêt de roseau qui en tapissait les coins sombres. A l'époque, déjà, je me souviens, avoir souhaité prendre les seringues couvertes de terres, roulant dangereusement sur les cabanes secrêtes des enfants du voisinnage pour me les planter dans les joues ; peut-être cette maudite rougeur serait-elle partie ; s'en serait-elle allée ; peut-être , aussi, aurais-je arrêté de pleuré - et personne ne l'aurait su, et j'aurais eu l'air bien plus grande... Plus mature, puisqu'il n'y a que ça, pour justifier l'asocialité.

Puis, quand on grandit, je présume qu'on se prétend antisociale.

Et ça marche, plus ou moins. On reste seule, et c'est tant mieux. Parce que la jalousie, parce que les doutes, ça fait tellement mal ! Je ne hurlerai pas de jalousie, je ne le ferai pas, je ne l'ai pas fait jusqu'à maintenant, il me suffit de recommencer ; simuler ; copier ; et plagier ma propre attitude d'avant - peut-être retrouver un peu de cette décence, de cette innocence que j'ai perdue à m'essayer à avoir des amis, des copains, des violeurs de remplacement. Peut-être, ou pas. • Mais non ! Je vous dis que non - je l'aurais fait aussi pour Martin, sinon, cet idiot, parfaitement monté, aux manières effeminées et aux plaisanteries déplacées - et ces mains caleuses ! - lever le bras, et me saluer comme la Führer, et me glorifier - oh, oui, tout à ma gloire de me faire apprécier d'un homme, de me faire insulter, de pouvoir plaisanter et jouer avec lui. Baiser sur les joues, et ce cahier, que l'on se passe avec Amélie...

Bien sûr, que c'est malsain ! Qu'attendiez-vous de la part d'une ordure telle que moi ?

Et ses goûts musicaux pitoyables, si ce n'est pitoyaux, parce qu'un suffixe péjoratif en plus, à l'énnonciation, ça ne fait pas de mal. Jamais de mal, sauf pour ce qui est de la jalousie - et des incertitudes, parce que là, là, maintenant, à cause de lui, je suis FORTEMENT DESAPOINTEE !

Je me sens morte ? Rien qu'un peu, la masturbation - et les fonctions affines en plus...

De quoi se croit-il investi, ce vulgaire nazi, de qui se croit-il la réplique ? - Je la lui donnerai, moi, Ô, et il verra ce que c'est d'être cruel ! Lui, il n'est qu'un vulgaire Martin - un martyr, peut-être, ou un bourreau parmi tant d'autres. Martin, cher idiot, même pas foutu de remarquer mon anorexie-boulimie quand je te vomis devant les yeux, les narines, les mains, cher ange, ou plutôt, toi qui fût l'un de mes anges gardiens, je crois que tu t'envoles pour une folie sans retour.

Je ne supporte pas que tu me traites de pute, que tu m'embrasse, que tu me refuse la bise pour t'assoir à côté de moi. Je ne hurlerai pas de jalousie, pas pour lui, lui, très chers, je m'en fou, il n'y a qu'elle, qui compte, et je meurs de jalousie... Mais n'est-ce pas de ma faute, avec cet appel à supplique, à prière, mais n'est-ce pas moi qui suis en cause ?

Bien sûr, que c'est moi, et je hurle sous mon sachet de cuir, celui qui m'ammène à la potence, celui qui me permet de vomir, en toutes circonstances, sans souiller le sol. Qu'ai-je en plus, au juste ? J'écris mal, j'écris pour ne rien dire, et si je n'étais pas anorexique-boulimique, je n'aurais rien à dire - certes, je pourrais vous séduire, mais là encore, si je n'étais plus nymphomane, il ne me resterait rien.

Ôtez-moi mes folies, que je ne sois rien, que je redevienne comme avant ! Enfermez-moi, que je les cultive. Et si je suis libre ? Je vole. Je plane. Je m'en fou, et j'aime et je hurle de jalousie. Et merde, encore - pourquoi donc, chers lecteurs, me torturez-vous de la sorte ? Partez, ce n'est pas de l'hypocrisie - parce qu'il me suffirait de 0 visites pour enfin faire ce que je dois faire - anorexier, correctement, dans mes règles, sans mes règles, et mourir.

Je suis coincée là par votre faute, et je vous accuse, sans m'arrêter, et vous revenez, et vous accourez. Vous aurais-je converti à un quelconque masochisme ? Encore un peu et vous finirez boulimiques ! Arrêtez de vous inventer des troubles du comportement alimentaire...



Gardez-vous des chemins sombres.
Que je puisse hurler, entourée de silence.
Sans honte.

J'ai recommencé à me ronger les ongles.
Je ne hurlerai pas ma jalousie.
Je la moderai severement sur le bout de ces doigts qui en gifflerait plus d'une.
par Emmanorexie publié dans : mes réflexions
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Mercredi 26 mars 2008
Anne, ne t'en va pas ; je ne veux pas perdre ne serait-ce qu'une parcelle du maigre contact que j'ai avec toi. Je ne veux pas te perdre. Alors que je me meurtrissais de vieillir, n'as-tu pas prétendu que les seules dates qui comptaient était celles de nos rencontres ? Il en va de même des lieux ! Je n'aime pas ce genre d'actes ; trop symboliques à mon goût / je ne veux pas que tu t'effaces, j'ai besoin de ta présence toute entière, je veux pouvoir deviner ton sourire derrière tes mots, ou tes larmes, parfois, et je veux pouvoir les partager - parce que je ne peux rien faire, ou pas assez. Comment puis-je savoir, si tu n'es pas ici ? Des messages, ça ne suffit pas, et les rencontres sont trop espacées, pas assez abondantes pour me combler. Peut-être que je suis trop avide. Sûrement, même. Mais j'ai besoin de toi, et de ça. Je ne veux pas que tu partes. Surtout à cause de mots idiots, ou de jeunes filles qui, lorsque leurs passions passeront, ne deviendront pas anorexiques. Pro-ana, c'est une mode ; une mode, c'est éphémère. Et tu connais les médias.

Je ne veux pas perdre tout ce qui me tient à coeur. Et comment ferais-je, pour fantasmer quelques concerts parisiens, si tes articles ne m'apportent plus matière à prendre plaisir ? Comment ferais-je ? Et toi ? Un exutoire, ça ne s'abandonne pas comme ça. Ca ne s'assume pas facilement. Je ne veux pas que tu souffres seule. Je ne veux pas savoir qu'une mélancolie chronique te fera du mal, seule. Je ne veux pas que tu sois seule. Je ne veux pas que tu sois loin de moi.

Et je suis tellement égoïste ! Mais, reste... Au risque de parler d'un cercle, que tu romps. On ne te remplace pas si facilement, Anne. Pas si facilement, pas du tout. C'est ta place. On a besoin de toi. J'ai. Je manque. Et j'anticipe déjà. 10 jours, pour te convaincre... ∞
par Emmanorexie publié dans : lettres
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Mercredi 26 mars 2008

"Emma, tu sais vraiment pas mentir."

     _Qu'est-ce que ça me fait rire ! Elles sont bien catégoriques, les lèvre pulpeuses de A., cette petite amie ; elle n'a rien compris du tout ; et elle ne tarit pas de ces mêmes critiques attendries pour M., alors qu'elle, ce n'est pas de la franchise, qui émane, suinte de chacun des pores de sa peau, c'est un géni sensuel savamment placé là, à l'avance, de façon à, peut-être, séduire le public. La salle est comble. C'est un spectacle de haute qualité - ah ça oui, rien à voir avec ces parodies méprisables que m'offrent mes parents - avec elle, au moins, je sais que lorsque sur un banc elle plie le coude, ce n'est qu'avec la pensée spontanée mais si bien tombée d'étendre une jambe fine et interminable devant les yeux extasiés d'un hérétique qui, dans son esprit ne souhaiterait que la toucher. Ah, oui, avec elle, je sais bien ce que valent les mots ; les actes ; les hommes ! ; oh, rien, pas un pour surpasser l'autre, et rire trois jours durant pour faire passer le comique d'une situation digne de livres.

   
_Facile, je dis,
Moulin rouge
, thirteen, ou même encore Virgin Suicides, il suffirait presque de se dire que ses manières sont celles de ces dames mystérieuses. Sauf que comme je suis grosse, chacune de mes paroles n'est plus vraiment soupesée - petit avantage, si je mime le mensonge, on sait que je mens ; et si alors je dis "non, non, je n'ai jamais rien fait de sexuel avec ton frère", que je souris avec un petit air ingénu, un éclat dans les yeux que je dissimule en baissant la tête, on sourit. On me dit, cette même putain de réplique "Emma, tu sais vraiment pas mentir". Et on me caresse la tête. Bande de cons.

    _Ah, si vous saviez, je suis une mythomane en puissance, voyez-vous, de toute ma hauteur grandiloquente - pas si grande, me dîtes vous ?
C'est simplement parce que le poids qui pèse sur mes hanches est trop grand ! Trop gros. A moins que ce ne soit sur mes épaules, j'ai mal au dos, comme des déchets, vos déchets, que vous accumuleriez sur mon corps. Sur mes épaules, vos soucis, qu'ils puissent encore murmurer leurs maux la nuit tombée. Et je partage mon oreiller avec vos esquisses d'emballages
, à jetés, problèmes inutiles et vide de sens - de contenu.

    _Logique, prétendez-vous ? Pas si sûr ! Je suis vide, et pleine de mensonges cependant. Ah, si je devais vous dire tous mes mensonges, vous n'en reviendriez pas ; et mon imagination si débordante ! Exceptionnelle. Allez-y, oubliez tous, et maintenant écoutez-moi dire d'une voix innocente :
Depuis que ma meilleure amie m'a menti sur mon apparence, prétendant que j'étais belle et adulée de tous, que j'ai souhaité me rendre vers l'unique garçon qui me plaisait, et ce depuis ma plus tendre enfance - nous étions voisins, voyez-vous, jouions ensemble, rougissions de voir notre intimité infantile découverte à l'école, dessinions de mêmes monstres imaginaires des après-midi durant - pour lui avouer mon amour, qu'il m'a décrétée laide, je ne mens plus. Je ne me remets pas de cette trahisons, ainsi, ma plus grande qualité est d'être franche - et mon plus grand défaut celui d'être prétentieuse, han !

Ca, c'est un mensonge - le reste, non.

Je mens. Mais pas ici, pas tout le temps, pas trop.
Seulement à moi.

Je suis ce genre de fille, qui a crû, petite, être une fée, jusqu'à ce que sa sœur ne le dise aux parents, et qu'elle ne perde ses ailes. Sa confiance, son estime, sa raison, et sa raison de vivre. Depuis, je dessine, je dessine, j'écris, je m'habille, me déshabille, repeins mes ongles et écoute, écoute attentivement tout ce qui peut ressembler à du rock dans ma bouche. Et je ne suis plus une fée
.

Zone de Texte: Et c'est bien dommage, parce que j'étais bien plus jolie en blonde naturelle, étant petite !

Et parce que les fées, ça fait disparaître un bout de gras en un rien de temps. Un rien de temps, vous dis-je ! Et je m'y connais, j'en sais quelque chose, entre rituels vaudou tournoyant dans les W/C de ma primaire et petit carnet tenu avec ma meilleure amie de l'époque. Notre cahier commun sur les fantômes.

Je me souviens avoir menti, à l'intérieur. Alors, Votre père qui est aux cieux, pardonnez-moi d'avoir décrété m'être fait attaquée par un fantôme qui m'aurait lancé une panneau d'affichage couvert de punaises
, et m'être défendue à l'aide de mes superpouvoirs.

Rien que ça. Dieu, vous me le devez bien, parce qu'à mon passage, sur le sillon de mes pas, les gens s'agenouillent devant la puissance divine.

buste_moyen.gif

- Bref, il fallait que je le dise, parce que l'actualité est aux mythomanes, et qu'un peu de sincérité m'apportera peut-être le pardon de Celle qui compte, My Only One.

par Emmanorexie
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T.O.O

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